Transports publics et conditions climatiques (presque) normales

Encore un incident lié à la neige !

Dimanche 10 décembre. Un peu de neige tombe sur l’agglomération. 3 fois rien. Quelques centimètres tout au plus. Une scène normale pour un mois de décembre il y a quelques années encore. Scène qui devient de plus en plus rare, dérèglement climatique oblige.

Ce qui devient de moins en moins rare en revanche, c’est le nombre d’incidents que cela produit. Rien qu’aujourd’hui, si l’on passe outre l’accident de voiture (probablement dû à la neige mais non imputable au transporteur) vers Valmy, une caténaire (fil aérien sur lequel les tramways captent le courant électrique) est tombée à un endroit de la ligne T2, provoquant un joyeux bazar.

On copie la SNCF ?

Ce genre d’incident ayant pour cause les conditions climatiques sont de plus en plus fréquents, et pas seulement chez Divia, mais sur l’ensemble des réseaux de transports français, SNCF inclus.

Pas plus tard que le vendredi 1er décembre, la SNCF infligeait à ses TGV des retards allant de 10 à 15 minutes pour cause de “mauvais temps”.

Un incident caténaire (rebaptisée L.A.C., par nos brillants marketeux, plus occupés à trouver de nouveaux acronymes qu’à faire tourner un réseau par tous les temps, traduire Ligne Aérienne de Contact) ? Un gel des installations ? Un retard lié à la neige ? On ne le saura jamais…

Un pourcentage de pannes acceptable

Plus concrètement, il n’est pas sans intérêt de rappeler que le réseau Divia est exploité par Keolis, filiale de la SNCF. Il n’est pas impossible que la politique de maintenance du réseau, jadis qui visait le 100% de fiabilité, est maintenant basée sur un pourcentage de pannes acceptable…

Les transports publics ne sont plus gérés que par des professionnels de la statistiques, de la probabilité, et nombreux sont les cadres dirigeants qui n’ont jamais conduit un bus ou un tramway. Certes ce n’est pas leur rôle, mais ça permet au moins de savoir de quoi l’on parle…

Bientôt “trop tiède” ?

On ne compte plus les incidents pour “mauvaises conditions climatiques”.

– Trop chaud

– Trop froid

– Trop de feuilles mortes

– Trop de pluie

– Trop de neige

Toujours l’usager qui trinque (et qui paye)

Il serait intéressant de s’interroger sur les causes de ces incidents à répétition. Matériel de mauvaise qualité ? Manque de personnel ? Economies de bout de chandelles sur la maintenance ? Sans rentrer dans la facilité du “c’était mieux avant”, on a quand même furieusement le sentiment que les transports publics sont de plus en plus victimes de pannes, d’incidents et de retards qui pourraient être évités, tout en étant de plus en plus chers, tant pour l’usager que pour la collectivité.

Le Marketing au pouvoir

Effectivement, comme évoqué précédemment, maintenant, vous ne voyagez plus en horaire “période scolaire” mais en horaire “Cassis”. Le dimanche, c’est horaires “réglisse”. Les autobus et les tramways ne rentrent plus au “dépôt” mais au “C.E.M.” (traduire Centre d’Exploitation et Maintenance). Vous ne circulez plus sur une ligne de bus mais sur une LIANES (traduire LIgne A Niveau Elevé de Service).

Curieusement, toutes ces “améliorations/complications” (question de point de vue) n’ont pas amélioré la qualité de service. Il est visiblement plus facile de consacrer du temps et de l’argent à cela plutôt qu’à la fiabilité du matériel et à l’exploitation.

 

Adieu l’excellence française ?

D’un point de vue marketing, Divia, Keolis et la SNCF assurent à fond. D’un point de vue exploitation, c’est autre chose… Une question se pose alors… Un court voyage chez nos voisins helvètes nous permettra de constater que les tramways et trolleybus de Zurich (par exemple), voir le lien vidéo en fin d’article, circulent même avec une épaisse couche de neige et sans incidents apparent. Tout juste une vitesse réduite est de rigueur.

Pourquoi sommes nous, nous français, devenus incapables de faire fonctionner correctement un réseau de transport en dehors des journées de soleil et de température douce ? (caricatural certes). Ou est donc passée l’excellence française en matière de transport, enviée mondialement ?…

 

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. tillier dit :

    Bonjour, j’éprouve quelques difficultés à vous suivre. D’un côté vous semblez dire que les pannes sur le réseau divia seraient dues à la neige, et quelques lignes ensuite, vous racontez qu’une voiture a heurté un pilonne.

    Moi pas tout comprendre.

    Cette voiture était-elle de Divia ? le pillone n’a-t-il pas regardé avant de traverser ? c’est peut-être vous au volant de cette voiture ? quoi qu’il en soit, je trouve facile d’accuser, mais il vous semble plus difficile de réfléchir.

    Sortons de Divia, et allons sur les rails de la Sncf. Vous écrivez que des trains, ô grand malheur, accusaient entre 10 et 15 minutes de retard. La belle affaire, mais vous semblez encore traumatisé par cette histoire. C’est dingue, puisque à la fin de votre belle prose vous notez : « Un court voyage chez nos voisins helvètes nous permettra de constater que les tramways et trolleybus de Zurich (par exemple), voir le lien vidéo en fin d’article, circulent même avec une épaisse couche de neige et sans incidents apparent. Tout juste une vitesse réduite est de rigueur. » vitesse réduite = retard = mais c’est pas grave les Suisses ils ont le droits parce qu’ils font du bon chocolat ! un peu de sérieux tout de même.

    Heureusement pour me consoler, il me reste ces quelques mots : « Je vois maintenant un joyeux trou noir / Je me noie dans le bruit du désespoir / Faisant couler les flotteurs de ce très gros bateau / Regardant chavirer au loin ce joli paquebot ». la bise

    • Association Au Fil des Réseaux dit :

      Merci tout d’abord d’avoir pris le temps d’écrire un message respectueux quoi qu’un brin condescendant.

      Pour rentrer dans le vif du sujet, et vu que vous nous accusez de ne pas réfléchir, nous allons tenter d’éclairer votre lanterne.

      Oui nous “accusons” les politiques de sous investissement chronique, d’économies de bout de chandelle sur la maintenance, de délaisser le service public au profit du profit, etc.

      Nous n’accusons ni les équipes, ni la bonne volonté de l’encadrement de l’exploitation.

      Nous accusons les décideurs français d’accepter un pourcentage de panne (ce qui aurait été inconcevable avant), de laisser sortir du dépot des rames ayant un défaut faute de matériel de remplacement, le Grand Dijon d’avoir choisi le matériel le moins cher pour faire des économies, sans penser robustesse et fiabilité.

      Ce fameux retard de 15 minutes sur les TGV du 1 décembre a pour cause une “alerte” neige, mais pas de neige. Une simple alerte entraine une baisse de vitesse. On marche sur la tête.

      De plus en plus de retards/incidents/pannes sont à déplorer, ayant pour cause la météo.

      Avant, du temps de la STRD (sur Dijon), ou du temps ou la SNCF était dirigée par des gens qui savaient ce que c’est qu’un train, du temps ou on laissait une marge de manœuvre et d’appréciation au personnel, et surtout du temps ou le service public primait sur le profit, tout cela aurait été impensable.

      On peut pardonner et comprendre que, si un mètre de neige venait à tomber, le réseau soit paralysé, et ce, en France ou en Suisse. On ne peut en revanche pas comprendre que 3 cm de neige déjà fondu 14h puisse paralyser la moitié d’une ligne de tram pendant 24h. (A l’heure ou nous rédigeons ces lignes, le trafic est toujours interrompu entre Zenith et Valmy sur la T2)

      Prenons une simple cause (parmi tant d’autre).
      La SNCF a fait sous-traiter à une entreprise privée l’utilisation de ses wagons aspirateurs (bien utiles pour lutter contre les feuilles mortes responsables de nombreux enrayages).
      Or, la réduction du nombre de trains “lourds” (en l’occurrence de FRET), trains lourds générant un large courant d’air, augmente la concentration de feuilles mortes sur les voies. Il se trouve que ladite entreprise privée n’a pas changé ses rotations des wagons aspirateurs, ayant donc pour conséquence directe, en 2017, une augmentation des enrayages, des retards, et des essieux plats (donc des frais de maintenance et du nombre d’immobilisation des rames voyageur).

      C’est ce syndrome de déliquescence du rail français que nous dénonçons, à notre petite échelle, sur le réseau Divia, qui subit la même politique.

      A Ouigo ou Inoui, grands succès marketings de la SNCF, Divia aura préféré les périodes Cassis, Anis, Réglisse et Citron…
      Le tramway de Dijon est toujours impacté en cas de forte chaleur, de fort froid, de givre, de neige, ou de feuilles mortes. Comme les trains de la SNCF.

      Alors oui, un court voyage en Suisse permettrait de voir un réseau ferroviaire au top niveau, tant urbain, que périurbain, que fédéral.

      Cela a un coût, aujourd’hui ignoré par nos politiques, qui préfèrent, à l’heure ou le pays a accueilli la COP 21, construire des EPR et étouffer le scandale du diesel, plutôt que d’investir massivement dans le transport public.

Laisser un commentaire